[squats-fr-diffusion] Nice : Le SDF vivait dans la cave de la fac depuis dix ans

darkveggy darkveggy at squat.net
Ven 20 Juin 12:13:02 CEST 2008


Lu dans les « brèves du désordre » (http://cettesemaine.free.fr/spip/):

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Nice : Le SDF vivait dans la cave de la fac depuis dix ans
mardi 10 juin 2008 | Le Parisien

Un sans-abri de 42 ans s’était fabriqué une cache sous le bâtiment de la
fac de lettres de Nice. Il y a six mois, il s’était mis à cambrioler les
machines à sandwichs, dont il dérobait aussi la recette. Arrêté, il a
écopé hier d’un mois de prison ferme.

« IL NOUS A parfois empêchés de casser la croûte, mais on ne lui en veut
pas vraiment, car il avait des références littéraires. Et avec une belle
signature... » Les étudiants de la faculté de lettres du campus de
Carlone, à Nice, se montraient bluffés, hier matin, par l’étonnante
histoire de celui qui se faisait prénommer Jean Valjean.

Une référence à l’ancien bagnard héroïque des « Misérables », un clin
d’oeil romanesque apprécié de ces experts en littérature.

200 000 € de vols et de dégâts

A Nice, le personnage de Victor Hugo avait pris les traits d’un
squatteur intra-muros, organisé et persévérant, qui laissait derrière
lui des petits mots signés : « Merci. Jean Valjean ». Un fantôme que nul
ne voyait jamais, mais à l’appétit vorace, qui se servait régulièrement
dans les distributeurs de sandwichs et de boissons. Depuis plusieurs
mois, il agaçait aussi bien les responsables de l’université que les
forces de l’ordre. Le montant de ses vols à répétition et des dégâts
qu’il causait a été chiffré à 200 000 €. Il a été interpellé dans la
nuit de samedi à dimanche, comme l’a raconté hier « Nice Matin », pris
en flagrant délit lors de son septième « casse » en six mois.

Hier, Jean Valjean, qui dit également s’appeler Juan Elner, un homme de
42 ans au physique fluet et au passé d’enfant de la Ddass, a été
condamné en comparution immédiate par le tribunal correctionnel à cinq
mois de prison dont quatre avec sursis pour « vols par effraction ». Un
mandat de dépôt l’a envoyé directement en maison d’arrêt.

Le Spaggiari des sandwichs

Cette décision a mis fin à une longue enquête de la sûreté
départementale. Pendant sa garde à vue, l’homme a raconté aux policiers
niçois comment, SDF, il a décidé il y a une dizaine d’années de vivre
dans le vide sanitaire d’un bâtiment d’extension de la faculté de
lettres. Il y avait aménagé progressivement une cache où il résidait.
Solitaire, souple, capable de jouer les passe-murailles, le résidant
clandestin sortait épisodiquement, entre 2 et 3 heures du matin, de son
abri souterrain.

Depuis six mois, il avait pris l’habitude de venir se servir directement
dans la fac. Il n’hésitait pas, pour cela, à soulever le rideau
métallique et à casser une vitre. Avec une petite échelle qu’il
emportait, il arrachait les caméras de vidéosurveillance. Puis, ce
Spaggiari des sandwichs, comme l’ont surnommé certains à Nice, cette
fois-ci en référence au casse du siècle de la Société générale de la
préfecture des Alpes-Maritimes en juillet 1976, se servait d’un
pied-de-biche. « En moins de quatre secondes, a-t-il précisé, je forçais
le blindage des distributeurs de sandwichs et de boissons et je me
servais... » Ce qui lui permettait de se restaurer et de s’approprier
les recettes des machines fracturées.

Au moment de son interpellation par les policiers d’une brigade
anticriminalité samedi, Jean Valjean, repéré par une nouvelle caméra qui
avait échappé à sa vigilance, venait de mettre la main sur 537 €. « Il
mettait environ deux heures et demie pour fracturer tous les
distributeurs », ont expliqué les responsables techniques de
l’université, qui ont passé de nombreuses nuits blanches pour essayer de
surprendre l’homme insaisissable.

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