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Ven 7 Sep 00:09:01 CEST 2007


Visite controversée de Rama Yade à des squatteurs d'Aubervilliers
LEMONDE.FR avec AFP | 06.09.07 | 20h22  •  Mis à jour le 06.09.07 | 20h41

Une mairie communiste s'indignant du "soutien" apporté par la secrétaire
d'Etat d'un gouvernement de droite à des squatteurs expulsés... Un
scénario à première vue improbable, mais qui a mis aux prises, jeudi 6
septembre, la mairie PCF d'Aubervilliers à la secrétaire d'Etat aux droits
de l'homme, Rama Yade.

Les policiers qui procédaient, jeudi matin, à l'évacuation d'une centaine
de squatteurs installés depuis le 11 juillet devant un groupe scolaire ont
eu la surprise de voir arriver Mme Yade, venue "arranger les choses". Une
visite qui a fortement déplu à la municipalité, qui avait obtenu lundi du
tribunal de Bobigny l'expulsion de ce campement, et s'est indignée d'un
"soutien affirmé aux squatteurs".


FRANÇOIS FILLON REGRETTE LE MANQUE DE "CONCERTATION"

D'autant que la secrétaire d'Etat a jeté de l'huile sur le feu en
s'étonnant publiquement que l'expulsion ait été sollicitée par "une
municipalité communiste". Mme Yade se défend pourtant d'être venue dans
une "démarche d'hostilité". Evoquant le spectre d'"un Cachan bis", elle a
assuré avoir été récemment "sollicitée" par des associations de défense de
squatteurs, une centaine d'habitants des logements sociaux du quartier de
la Maladrerie menacés d'expulsion et demandant à être relogés.

"Je ne suis pas en charge du logement mais je ne pouvais rester sourde à
ces sollicitations répétées", a-t-elle insisté. Selon plusieurs squatteurs
et des militants de Droit au logement (DAL) présents, "Rama Yade s'est dit
choquée par ce qu'elle voyait", "a pris les numéros de téléphone de
plusieurs personnes en disant qu'elle allait les aider".

Pour la municipalité, une telle intervention n'a pas lieu d'être. Le
directeur de cabinet du maire s'est indigné de "constater qu'une ministre
conteste ainsi une décision de justice prise par un juge indépendant".
Rama Yade, qui a reconnu plus tard avoir "improvisé" sa visite, a été
reçue par François Fillon, qui l'a sommée de s'expliquer. "Il lui a fait
savoir qu'à l'avenir, ce type de démarche devrait faire l'objet d'une
concertation avec ses collègues", a-t-on précisé dans l'entourage du
premier ministre.

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La bourde de Rama Yade
La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l'Homme,
Rama Yade, le 22 juin 2007 à Paris

Jean Ayissi AFP ¦ La secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et aux
Droits de l'Homme, Rama Yade, le 22 juin 2007 à Paris

La benjamine du gouvernement, Rama Yade, a été convoquée dans le bureau de
son directeur, le Premier ministre jeudi. La jeune secrétaire d'Etat aux
Droits de l'Homme a dû s’expliquer sur son déplacement improvisé à
Aubervilliers, où un campement de familles africaines venait d’être évacué
par la police quelques heures plus tôt. «A l’avenir, ce type de démarche
devrait faire l'objet d'une concertation avec ses collègues» du
gouvernement, lui a-t-on rappelé à Matignon.

Il était 11heures lorsque, parmi les campeurs délogés, encore sous le
choc, un bruit se répand. «C’est la ministre!». Accompagnée d’un garde du
corps, Rama Yade venait d’apprendre la nouvelle de cette opération
policière à la radio, dans sa voiture de fonction. Elle a décidé,
spontanément, d’aller se rendre compte par elle-même de la situation.

«la honte pour ton gouvernement»

Immédiatement alpaguée par les représentants du collectif de squatteurs,
elle se dit « choquée » par ce qui arrive à ces familles. Puis, s’« étonne
que des choses pareilles se produisent dans une mairie communiste ». C’est
alors que le ton monte. «Ma
sœur, c’est la honte pour ton gouvernement, c’est lui qui nous expulse, le
sous-préfet était là ce matin !», lancent des expulsés à la jeune femme
d’origine africaine elle aussi.

Avant de clore sa brève visite, Rama Yade a griffonné sur un papier
quelques numéros de téléphone. « Je pense qu’il faut un médiateur, je vais
essayer d’arranger les choses », a-t-elle lancé. Au départ de sa voiture,
certains applaudissent, mais la majorité se met à la huer.

Puis, apprenant ce qu’elle venait de déclarer, la mairie d'Aubervilliers
est sorti de ses gonds. La municipalité communiste s'est indignée du
«soutien affirmé apporté à des squatteurs» et n’a pas apprécié de
«constater qu'une ministre conteste ainsi une décision de justice prise
par un juge indépendant.



En effet, c’est la ville qui, à l’approche de la rentrée, avait saisi le
tribunal pour obtenir l’évacuation de ce camp installé devant un groupe
scolaire de 1000 élèves. Le tribunal de Bobigny avait autorisé, lundi, le
recours à la force publique. Les squatteurs avait installé en juillet ce
campement pour protester contre l’expulsion de cinq familles de logement
sociaux occupés sans titre à Aubervilliers et la menace d’expulsion de 25
autres familles.

80 tentes et 150 occupants

Hier matin, on recensait 80 tentes et 150 occupants, en majorité des
familles ivoiriennes, mais aussi maliennes et gambiennes. Iles espéraient,
avec ce campement,
obtenir un relogement.

Hier soir, ils avaient repris place au même endroit, sous une grande bâche
étendue entre des arbres. Et à 20h30, la police revenait à la charge pour
les déloger de nouveau.


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