[print-news] Espace autogéré des Tan neries - présentation

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Sat, 28 Sep 2002 18:20:41 +0200


Depuis l'été 2002, PRINT est installé à l'Espace autogéré des Tanneries,
situé 13-15-17, bd de Chicago à Dijon. Petite présentation du lieu et de
quelques idées qui l'animent.

L'Espace autogéré des Tanneries s'efforce depuis bientôt 4 ans de
réaliser un double projet : celui d'un espace de création et de
diffusion d'idées et de pratiques alternatives, ainsi que celui d'un
lieu d'habitation, ou s'expérimente au quotidien une vie collective
organisée.

Quantité de concerts, conférences, débats et discussions publiques, des
ateliers d'échange de savoirs, expositions et autres manifestations...
sont organisés aux Tanneries, sans profits ni subventions, grâce à la
libre participation de nombre de personnes. Les décisions concernant le
lieu sont prises en assemblées générales, ouvertes à quiconque veut
s'impliquer et proposer des projets.

Les Tanneries participent de la dynamique libertaire dijonnaise, qui,
ces dernières années, s'est caractérisée par une diversité d'actions :
assemblées populaires, recyclage d'espaces à l'abandon, restaus
associatifs, fêtes de rues, occupations protestataires, projections,
manifestations, actions directes et beaucoup d'autres...

pRiNT s'inscrit dans cet esprit de contestation et de partage, ce qui
nous amène notamment à promouvoir et pratiquer logiciels libres et
mutualisation des savoirs, à lutter contre le fichage informatique et
aider les individu-e-s à s'armer contre big brother, à diffuser une
information différente et inventer des moteurs de communication
alternative.

Le parcours des Tanneries étant assez singulier et essentiel pour
comprendre le lieu, voici un bref retour sur son histoire :

Les Tanneries sont nées en octobre 1998 du besoin d'un espace
d'activités indépendant, sans profit et autogéré à Dijon, ainsi que de
l'envie de mener l'expérience d'une vie collective alternative pour
ses occupant-e-s.

Les anciennes tanneries du boulevard de Chicago étaient alors
abandonnées depuis plusieurs années par la municipalité, et
constituaient le terrain idéal de ce double projet. Connaissant
l'inefficacité des demandes de locaux et voulant se réaliser de manière
autonome, les membres du collectif ont donc occupé les bâtiments, et
aussitôt mis en place nombre d'activités.

Initialement prise de cours, la mairie a vite réagi et exigé le départ
des occupant-e-s, en prétextant diverses raisons fallacieuses. Mais les
Tanneries étaient devenues trop populaires, et la mairie dut renoncer à
l'expulsion, au terme de larges mobilisations (manifestations,
pétitions, occupations de la mairie, soutien de collectifs hexagonaux et
internationaux). Parallèlement aux luttes de défense du lieu, de gros
travaux furent entrepris pour transformer le hangar situé derrière
l'habitation en "salle de spectacles" pouvant acceuillir 600 personnes,
selon les normes de sécurité en vigueur.

En juin 2000, un incendie criminel a ravagé la toiture des bâtiments
d'habitation, enterrant deux ans de vie, de constructions et
d'expressions. L'occasion fut belle pour la mairie de tenter une
nouvelle offensive, ce qu'elle fit sans attendre, en demandant
l'expulsion au tribunal. Mais le collectif des Tanneries ne s'avoua pas
vaincu, et occupa le bâtiment adjacent, composé d'anciens bureaux,
également vides depuis nombre d'années, et continua la mise aux normes
de la salle de spectacles épargnée par l'incendie. Nouvelles
mobilisations et pressions, nouvelle capitulation de la mairie.

De ces confrontations victorieuses a émergé un dialogue tendu avec la
municipalité. Pour le maintien du lieu, il fut envisagé la signature
d'une "convention d'occupation". Hostiles à toute récupération,
attaché-e-s à l'indépendance radicale du projet et conscient-e-s des
dérives occasionné-e-s par ce type de démarche, les occupant-e-s ont
envisagé cette possibilité avec grande méfiance. Il fut ainsi décidé de
stabiliser le lieu par ce "bail précaire", tout en veillant à maintenir
l'intégralité du projet et de la démarche de départ : fonctionnement
sans subventions, volonté d'autonomie et occupation gratuite des locaux. 

Ce n'est qu'en juin 2002 que la question resurgit, après que la nouvelle
mairie "de gauche" ait tenté, en pleine crise de l'entre deux tours, de
rompre ses promesses en planifiant silencieusement la destruction de la
salle de spectacles (!), dans la foulée de celle des locaux incendiés.
Quelques mobilisations rapides écartèrent de justesse cette menace,
et la mairie voulut manifestement clore le chapitre en précipitant la
signature de la convention.

Aujourd'hui, les Tanneries se dirigent pour la première fois depuis 4
ans vers une relative stabilité, qu'elles entendent mettre à profit pour
développer divers projets, mais ne rien perdre de leur rôle subversif !

Pour plus d'infos sur les Tanneries et l'histoire des occupations à
Dijon, voir https://squat.net/dijon et http://www.chez.com/maloka


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