[print-news] Expulsion du Pamplemousse...

print@squat.net print@squat.net
16 Jul 2002 00:39:41 +0200


Voici quelques informations concernant l'expulsion du squat Le
Pamplemousse. "Pourquoi sur cette liste?" vous demanderez vous sans plus
tarder... Et bien, tout simplement parce que ce lieu a fait naître le
projet Print. Il ne l'a malheureusement hébergé que trop peu de temps
étant donné la mauvaise volonté des autorités... Une petite larme et un
grand hommage à ce lieu ! Squat et informatique peuvent faire bon
ménage, qu'on se le dise !

-------------------------------------------- 

Menacé d'expulsion depuis plusieurs mois, le Pamplemousse a été "pressé"
ce matin par de nombreux policiers, qui avaient fait appel, pour
l'occasion, au GIPN (Groupement d'Intervention de la Police Nationale).

Alertée depuis longtemps de la volonté de résistance des occupants, la
préfecture a tenté une attaque surprise. C'est donc vers 9h30 du matin
que des cagoulés du GIPN se sont simultanément attaqués à la porte et
aux volets, en même temps qu'une échelle était déployée pour atteindre
le deuxième étage et que d'autres policiers braillards braquaient des
armes à feu en direction des personnes aux fenêtres (en criant "bouge
pas, connard !").

Très vite à l'intérieur, ceux-ci ont plaqué les occupants au sol, les
ont menottés puis sortis pour prendre leurs identités. Il leur fut
ensuite possible d'aller récupérer quelques affaires, avant que les
maçons ne se lancent dans la condamnation des issues du bâtiment.

Les occupants furent ensuite relâchés, mais le périmètre demeure bouclé
par des fourgons de police.

Ci-dessous, le communiqué envoyé à la presse par les occupants :

         communiqué de presse daté du jeudi 11 juillet 2002

                 Le Pamplemousse vidé par le GIPN
               Contre les expulsions, ré-occupation !  

Le Pamplemousse
  c/o Tanneries
  17, bd de Chicago
  21000 DIJON
  03-80-666-481
pamplemousse@squat.net
http://squat.net/dijon

Ce matin, à 9h30, la police nationale, aidée par le GIPN, a expulsé le
Pamplemousse, immeuble squatté depuis octobre 2000. 

L'expulsion a été l'occasion d'une pitoyable démonstration de force de
la part de la police, complètement disproportionnée : les occupants ont
été plaqués au sol, menottés et menacés avec des armes à feu.

Cette expulsion, comme toutes les expulsions, nous révulse. Elle
témoigne une fois de plus d'une logique aberrante qui fait loi dans
notre
société : la propriété privée comme valeur absolue. Ce qui se traduit
par des dizaines de bâtiments livrés à l'abandon, pendant que nombre de
personnes n'ont nulle part où vivre et/ou réaliser leurs projets.

Une heure après notre expulsion du Pamplemousse, on s'affairait à en
murer les ouvertures. Comme d'autres lieux libérés un temps de l'abandon
(par ex.: le squat de la rue Saumaise, muré depuis avril 2000), le
Pamplemousse risque désormais de rester inanimé de nombreuses années.

Mais nous avons choisi de ne pas vivre cette expulsion comme une
fatalité. Nous avions annoncé haut et fort notre volonté de résister,
pour déstabiliser la logique répressive, et matérialiser notre refus des
lois immondes qui mettent à la rue et assurent la prospérité des plus
nantis. Il faut croire que nous avons été pris au sérieux, puisque la
préfecture a cru bon de mobiliser le GIPN pour procéder à notre
expulsion, et d'élaborer un plan d'attaque pour nous prendre par
surprise.

Quoi qu'il en soit, nous ne nous avérons pas vaincus, et affirmons une
nouvelle fois que "s'ils peuvent expulser nos maisons, ils ne peuvent
expulser nos idées". En d'autres termes, nous ré-occuperons !

                 --- Retour sur le Pamplemousse ---

Abandonné depuis plus de 10 ans, ce bâtiment avait été occupé par un
groupe d'individus pour en faire un lieu de vie autogéré et collectif.
L'occupation répondait à un besoin essentiel de logement, mais aussi à
une volonté de critiquer en actes la propriété privée, et et de mettre
en pratique nos idées politiques.

Le Pamplemousse a ainsi été le théâtre de moments de vie collective,
mais aussi d'activités publiques : le voisinage a été invité à plusieurs
reprises pour goûters de quartier, expo/débat sur les squats,
garden-party... qui ont permis de tisser des liens entre occupants et
voisin-e-s, et de démystifier les squats pour ceux et celles qui ont
bien voulu laisser tomber leurs préjugés.
 
Mais le Pamplemousse n'a pas plu à tout le monde. Son propriétaire
légal, habitant Paris, possédant plusieurs maisons en France et disant
ouvertement son désintérêt pour la maison, a néamoins choisi de demander
notre expulsion. Face à la menace de répression légale, le Pamplemousse
est alors entré en résistance avec d'autres squats dijonnais, et a mené
campagne contre les expulsions (squats & locatives) à la fin de la trève
d'hiver en mars 2002.

-- 
Le Pamplemousse - expulsé le 11/07/02

--
Liste interne PRINT - print@squat.net
https://squat.net/mailman/listinfo/print